Comparatif
Microsoft Intune ou la console Google ?
Les deux savent inscrire un téléphone, imposer un code de déverrouillage, chiffrer un disque et effacer un appareil à distance. Le choix ne se joue donc presque jamais sur les fonctions : il se joue sur la suite bureautique que vous utilisez déjà, et sur le type de machines que vous devez gérer.
En bref
La réponse courte
Prenez la console de la suite qui porte déjà vos comptes. Gérer les appareils depuis un annuaire différent de celui de la messagerie revient à tenir deux listes de salariés, et la seconde n’est jamais à jour le jour où elle compte.
La question à se poser en premier n’est pas « laquelle est la meilleure » mais « qu’est-ce que je gère ». Des mobiles seuls : les deux conviennent, et vous avez probablement déjà la licence. Des ordinateurs Windows avec des applications métier à installer, des mises à jour à piloter et des disques à chiffrer : Intune est d’un autre niveau. Des Chromebooks : la console Google n’a pas d’équivalent.
Sur les deux critères qui décident vraiment d’un incident - la séparation étanche entre l’espace professionnel et la vie privée sur un mobile personnel, et l’effacement du seul périmètre de l’entreprise - les deux consoles font la même chose, et le font bien. C’est pour cela que le sujet se tranche sur l’annuaire et sur le parc, pas sur la fiche produit.
Point par point
Ce qui les différencie
| Microsoft Intune | Google Endpoint Management | |
|---|---|---|
| Appareils couverts | Windows, Android, iOS et iPadOS, macOS. | Android, iOS et iPadOS, ChromeOS, Windows et macOS pour l’essentiel. |
| Point fort | Le poste de travail Windows : mises à jour, chiffrement du disque, applications métier déployées à distance. | Les mobiles et les Chromebooks, avec une prise en main immédiate depuis la console d’administration existante. |
| Point faible | Une console riche, donc dense : sans accompagnement, les premières règles se paramètrent de travers. | La gestion fine du poste Windows reste en retrait, notamment sur le déploiement d’applications métier. |
| Séparation professionnel / personnel | Profil professionnel Android et inscription sans compte administrateur sur iOS : l’entreprise ne voit pas la partie privée. | Même dispositif, avec les mêmes garanties d’étanchéité. |
| Effacement à distance | Total ou limité au seul périmètre professionnel, au choix, avec journalisation. | Total ou limité au compte professionnel, avec journalisation. |
| Licence | Comprise dans Microsoft 365 Business Premium ; disponible aussi en abonnement autonome. | Comprise dans toutes les éditions Workspace pour les fonctions de base ; les règles avancées arrivent avec Business Plus. |
| Annuaire | Microsoft Entra, le même que celui de votre messagerie Microsoft 365. | L’annuaire Workspace, le même que celui de votre messagerie Google. |
| Prise en main | Deux à trois jours de paramétrage pour un parc de PME, davantage si les postes Windows entrent dans le périmètre. | Une demi-journée pour les règles de base sur un parc de mobiles. |
Ce que ça coûte
Vous l’avez probablement déjà
Ni l’une ni l’autre de ces consoles ne se vend séparément en PME : elles arrivent avec une édition de la suite bureautique. Voici les deux tickets d’entrée, relevés à la date indiquée sur les pages des éditeurs.
Microsoft 365 Business Premium
19,06 € / utilisateur / mois
Intune compris dans l’édition
- Gestion des mobiles
- comprise
- Gestion des postes Windows
- comprise
- Module avancé Plan 2
- + 3,50 €
- Engagement
- annuel
Google Workspace Business Plus
21,10 € / utilisateur / mois
Gestion avancée comprise dans l’édition
- Gestion des mobiles
- dès l’édition Starter
- Gestion des Chromebooks
- comprise
- Règles avancées
- comprises
- Engagement
- annuel
Relevé le 23 août 2026 sur les pages tarifaires des deux éditeurs · tarif public éditeur, hors taxes, engagement annuel.
Ne lisez pas ces deux montants comme le prix d’un MDM : c’est le prix d’une suite bureautique complète, dont la gestion de flotte n’est qu’une ligne. Si vous êtes déjà sur l’une de ces éditions, la console de gestion est ouverte, elle vous attend, et l’activer ne coûte rien de plus que le temps de la paramétrer correctement.
Le calcul qui intéresse un dirigeant est donc l’inverse de celui qu’on lui présente d’habitude. Pour vingt personnes déjà équipées en Business Premium, le budget supplémentaire d’une gestion de flotte est de 0 € par an en licences - et l’écart entre les deux éditeurs se réduit à 2,04 € par utilisateur et par mois, soit moins que ce que coûte une seule intervention pour un téléphone perdu sans console de gestion.
Attentes
Ce qu’une console fait, et ce qu’elle ne fera pas
Le malentendu le plus fréquent porte sur la deuxième colonne. Autant le dire avant la signature.
Ce que vous obtenez
- La liste exacte des appareils qui accèdent à vos données
- Le refus d’accès automatique d’un appareil non chiffré ou non à jour
- L’effacement du périmètre professionnel en une manipulation, tracée
- Un appareil neuf déjà configuré à l’ouverture du carton
- Le départ d’un salarié traité sans courir après le matériel
Ce qu’il ne faut pas en attendre
- La localisation ou la surveillance des salariés : ce serait illégal
- L’accès aux photos, messages ou applications personnelles
- Un antivirus : la conformité n’est pas la protection
- Une inscription spontanée : sans procédure d’arrivée, le parc dérive en trois mois
- Une dispense d’information des équipes, qui reste une obligation
Questions fréquentes
Ce qu’on nous demande avant d’ouvrir la console
Peut-on gérer un parc mixte, Microsoft et Google ?
Faut-il un poste Windows pour utiliser Intune ?
Que voit exactement l’employeur sur un mobile personnel ?
Combien de temps pour inscrire un parc existant ?
Que se passe-t-il si nous quittons l’éditeur ?
Notre recommandation
Commencez par la charte, pas par la console
Les déploiements qui échouent ne butent pas sur la console. Ils butent sur le premier salarié qui refuse d’inscrire son téléphone personnel parce que personne ne lui a expliqué ce que l’entreprise verrait. Écrire cette page-là avant d’ouvrir la console change complètement le déroulement du projet, et ne coûte qu’une réunion.
Sur les sept critères du face-à-face en haut de page, les deux égalités tombent précisément sur ce qui compte le jour d’un incident. Autrement dit : le choix de la marque ne détermine pas votre niveau de protection. Ce qui le détermine, c’est d’avoir une console activée plutôt qu’une licence dormante - et de savoir qui appuie sur le bouton un dimanche soir.
Avant d’acheter une console de plus
Neuf fois sur dix, la fonction est déjà comprise dans votre abonnement et personne ne l’a activée. Nous commençons par l’inventaire de ce que vous payez déjà, puis nous inscrivons quelques appareils pilotes.